La nature et l’environnement.
admin | 3 juin 2008 | 11:43Il apparait clairement que l’environnement est une préoccupation claironnée haut et fort dans les médias, le discours commun, les petites discussions politiquement correctes, ainsi que le monde politique, ou encore de l’entreprise.
Le problème posé ici est le suivant : la majorité des politiques incitent les consommateurs à réduire leur usage d’eau, ou à acheter des maisons “vertes”, ou encore à choisir leur voiture en fonction de sa consommation. La remarque est intéressante et à de quoi faire rire, étant donné que la politique actuelle est d’opprimer les plus faibles pour faciliter le fonctionnement des plus riches. Il est bien plus simple d’insuffler dans l’esprit popuiaire l’argument “vert” afin que chacun consomme quelque peu moins. On se basera sur des statistiques vraies mais exagérées dans lesquelles on soulignera l’importance de la massification du phénomène : en quelque sorte, si tout le monde fait des économies, c’est l’intéret général qui en sera grandi, et l’humanité sauvegardée. On assiste donc à des pseudo scènes émouvantes de propagande ou l’on peut apercevoir une famille heureuse dans leur nouvelle maison écologique, l’état subventionnant biensur ce genre de pratique.
Mais ce type d’incitation à la consommation plus légère est elle vraiment une préoccupation sincère de l’état ou une manière de prendre plus à ceux qui consomment le moins pour permettre aux gros pollueurs de consommer plus. Ainsi, alors que les statisticiens clament haut et fort que fermer son robinet d’eau permet d”économiser sur une année X lites, il est à souligner que cette quantitée d’eau est perdue plusieurs fois par jour par les centrales nucléaires, sans parler des locaux de google qui ont des besoins énormes pour le refroidissement des serveurs, ou bien encore le glouttement aquatique des arroseurs automatiques de nos chers américains, ou de nos chers entrepreneurs à dubai, sans évoquer le cas de la monstruosité biblique qu’est le burj al arab, pompe phénomènale “7 étoiles” au beau milieu d’un déser de pétro-dollars. Quel ridicule de brider les particuliers par rapport à leur infime quantité d’eau consommée au quotidien par rapport aux littes engloutis en un rien de temps, quotidiennement. Le pire est que les consommateurs, endoctrinés, ont l’impression de commettre une bonne action, d’agir pour l’humanité, ou le bien de tous, alors qu’en réalité leur action ne sert à rien car leurs efforts sur l’année en quelques heures des millions de fois par des entreprises et multinationales. La consommation d’essence est aussi comique dans la même veine : alors que l’industrie aeronautique se vante de sortir de nouveaux avions propres, la majorité du traffic aérien se fait par des avions qui ont fait leur preuve en matière de stabilité et de surconsommation de kérosène : il serait alors intéressant de comparer en un jour la consommation mondiale du trafic aéren avec celle du consommateur moyen, ou même de la ville moyenne. Et l’on verrait que la proportion est incroyablement élevée : en d’autres termes, les dix millions d’habitants de l’agglomération de paris pourraient rouler en hummer surgonflé pendant un an sans atteindre la consommation en quelques jours des aribus et autres joyeuseuries.
Le plus intéressant est de censurer la consommation des pays développés à économie de marché, alors que des pays en développement subiront les mêmes problèmes et consomment bien plus que les actuelles premières puissances mondiales. Que voulez vous rétorquer économiquement à la chine ou au japon, qui dévalue sa monnaie et qui se tourne essentiellement vers l’exportation ? Economie passée en 50 ans du moyen age, à grand coups de déréglementation et de production moins chère, les besoins des dragons ou bébés tigres, sans parlers des jaguars latino américains, sont garguantesque. La seule philosophie raisonnable n’est pas de priver les PDEM de leur consommation, étant donné qu’ils finiront par se faire écraser démographiquement et énergétiquement par l’inde ou la chine. Quand ces pays seront devenues les premières puissances mondiales, il sera alors intéressant de voir que même les usa n’auront plus leur mots à dire et devront se soumettre aux dépenses énergetiques de ces pays gloutons sans sourciller, sous peine de couper des branches de consommation : le chantage politico financier des pays de l’opep en est un exemple et préfigure le climat futur. En d’autres termes, profitons avons qu’il ne soit trop tard . A un certain moment, quelques soient les conjectures, les pays en développement finiront par avoir les mêmes problèmes économiques que les pays développés actuels. Cependant la surface pour que chacun vive décemment, l’empreinte écologique, n’est pas infinie, et il faudrait 7 planètes terre pour que chacun ait la consommation nord américaine au quotidien . Etant donné que la population augmente , les besoins augmenteront, ainsi que les exigences en consommation massive pour que les économies en développement ouvrent leurs frontières et procèdent à leur take off.
Le coeur de cet article est de dénoncer l’ élément suivant :
L’état est hypocrite car il associe économie d’argent au concept de bonne action par rapport à l’environnement. Il semble qu’objectivement et si l’on se place dans une attitude individualiste, le plus efficace soit l’économie d’argent et non l’économie d’énergie pour la planète. Les maigres économies des ménages sont sabotées en un temps infime par des entreprises puissantes , privées ou publiques. La résultante est que plus les entreprises sont puissantes, plus elles sont nécessaires, donc plus elles polluent, et moins on peut s’en passer. Par conséquent, le volume infime économisé par les ménages, même si l’action de sauvegarde était collective, serait au profit des entreprises polluantes. Une sorte de plus value de pollution que l’on exploite aux ménages en leur faisant croire que tout est affaire d’environnement. Le sujet est pernicieux car la finalité est soi disant de commencer par ce que les plus faibles et insignifiant économiquement ou politiquement diminuent leur consommation avant que les groupes industriels vitaux diminuent la leur. La procédure est d’invoquer l’environnement. Cependant en soi, outre les les gens exceptionnellement altruistes ou bons de nature, personne ne va faire d’efforts pour l’environnement, car cela demande de l’argent, et beaucoup trop d’investissement pour que ce soit rentable à l’échelle de la vie humaine. Par conséquent, l’argument de l’argent est tout trouvé : Vous ferez des économies, donc vous ferez à terme un geste pour l’environnement. En influant la ou ça fait mal, l’état a très bien vu le potentiel d’endoctrinement populaire. On drogue le peuple pour qu’il puisse faire ses pseudo économies inutiles, qui permettront de sauvegarder un peu plus pour les grandes multinationales. Il s’agit de retarder le plus le moment ou ces grandes multinationales devront réellement faire des économies, au lieu de pomper sur le peuple un surplus maigre et si vite consommé.
Passons maintenant à la question du droit de la nature . Il apparait que ce concept est lié à une forte anthromorphisation de la nature : en effet, on la figure comme un être qui souffre et se détériore, comme un être humain, afin que la population soit plus sensible aux dégradations . Le problème est à mon sens mal placé. En effet, le problème n’est pas prioritairement que la nature se dégrade, mais plutot que l’humanité disparaisse. On assiste à un changement d’optique d’ailleurs dans la politque de développement des économies mondiales. Les états ne cherchent plus à se développer et à s’étendre, progresser techniquement comme aux stades industriels passés. Le régime actuel est un régime pessimiste : il s’agit d’éviter d’amplifier les conséquences de l’existence humaine sur terre. Les entreprises quand elles auraient l’impression de participer à la sauvegarde de l’environnement ou de l’avenir humain sont juste en réalité en train de limiter leurs production, de l’orienter dans un certain sens. Le droit de la nature est une manière de rejeter la faute sur une entité humaine, afin de déculpabiliser l”homme. Ainsi, si la nature se dégrade par la faute de l’homme, l’homme n’est pas seul à agir néfastement, et symboliquement aussi incongru que ça puisse paraitre la nature serait en faute. Dans l’esprit des gens, ce serait à la limite de la faute de la nature qui est trop faible de ne pas pouvoir supporter le poids de l’existence humaine : on aboutit à un déséquilibre fondamental et paradoxal : l’homme peut s’imposer et jouir sur le monde en passant du savoir au faire et en exploitant la nature au maximum, accomplissant soit disant le degré souverain d’action de la conscience humaine souveraine, cependant, la nature elle aurait à la limite tort de ne pas supporter une si humble tâche.
Il est intéressant de constater que dans la chaîne existentielle des individus, les hommes sont ceux qui prennent sur terre le plus de place . est ce que le fait que l’homme soit doté de conscience suffit il à s’imposer proportionnellement plus que les autres espèces. Evidemment, on pourra souligner que les animaux dégradent également leur environnement, mais cependant dans une mesure moindre. Le problème humain est que étant donné que l’homme a conscience de sa finitude, il ne peut vivre de passions comme les cyrénaiques, et se bat pour le pouvoir, l’influence, du au contexte compétitif de structures sociales dans lequel il nait et évolue. Le pire est que lorsque l’homme ne connait pas l’animal car ne le comprend pas, soit il l’asservit injustement en le placant comme son chien de compagnie pour son amusement personnel stérile, soit en le méprisant et le transformant comme jouet de foire comme dans les zoos, pour que les yeux porcins découvrent déja dans un contexte de soumission l’animal. Comment voulez vous respecter un animal si la première fois que vous le voyez est dans un cage, ou un zoo ? LE pire est que des organisation telles que la SPA pourraient apparaitre salvatrice car garantirait la protection des animaux . Que nenni! Elles légitiment le fait d’inférioriser l’animal et de le placer inférieurement à l’homme. Que sait on de la complexité du langage des dauphins, abeilles, fourmis ? Rien, nous intuitons et fabulons, comme à notre habitude. Je méprise ce que je ne connais pas. Les indigènes avaient la même réaction par rapport aux colons de christophe colomb ou vasco de gama : ils brulaient leurs corps pour voir s’ils pourrissaient. L’étranger est analysé, intérprété car on ne sort pas du commentaire et de l’interprétation comme le souligne ricoeur. En effet, celui ci rappelle qu’au lieu de tirer de la nature des leçons qui formeraient un langage symbolique aboutissant à l’autonomie de ce langage, l’homme ne fait qu’interpréter et n’explique pas, que ce soit mot à mot ( freud ) ou dans l’absolu ( nietzsche ). C’est pourquoi j’abonde dans le sens de la déraison de nietzsche en se méfiant des interprétations hatives de la petite existence humaine. L’Esprit marche vers la rationalité abolue pour Hegel, et les partisans de la téléologie se gâve un peu comme leibniz d’une harmonie préetablie qui ferait que chaque chose à forcément un but puisqu’elle est.. Je crois que l’avis de wittgenstein sur le sujet est éloquent : le simple fait que le monde existe signifie qu’on ne peut le déduire de la raison. AUssi, nietzsche souligne que la logique est emprisonnante et ne mène qu’a des raisonnement qui n’expliquent rien. Comment revenir alors à l’illogisme originel ? C’est cet illogisme qui pourrait faire comprendre à l’homme qu’il n’y a pas une histoire universelle de l’homme ( linéraire différent de cyclique dans l’antiquité ) mais des histoires en chaque homme ( fernand braudel ). L’homme n’est pas la mesure de toute chose dans l’absolu et devrait s’incliner comme les autres espèces. Aucune raison ne peut être invoquée pour placer l’homme dans espace de supériorité : les fourmis ne comprennent pas les abeilles, et ce n’est pas pour autant qu’elles vont détruire la ruche en l’envahissant. L’environnement me parait aussi un faux débat étant donné que la seule manière de résoudre les choses actuellement serait d’éradiquer l’espèce humaine. L’homme ne fait depuis la nuit des temps que détruire ce qu’il crée, et en subit les conséquences en se plaignant que la nature ne soit pas à la hauteur, ce qui est illogique et égoiste. Tous les êtres peuvent vivre en paix sans se marcher dessus, sans entretenir des rapports de domination. Une société fondée sur le don ou un altermondialiste “potlatchien” des indiens d’amérique du nord serait probablement la solution pour que l’homme retourne à son état de simple animalité en se débarrassant de ces soi disant sophistications que sont la société, les arts, sentiments, etc….
Voila pourquoi il me semble saugrenu et hypocrite de la part de l’homme d’imposer des contraintes aux petits consommateurs alors que ces derniers consomment le milliardième des gros producteurs qui face aux caméras esquissent un semblant d’éthique avant de déreglementer à tout va. Les droits à polluer sont à cet égard la plus grande incohérence, car légitime la pollution, la dégradation paradoxale du cadre de vie humain, donc de l’humain. En voulant progresser, l’homme a créé des droits à la dégradation non de la nature, qui elle se reconstituera ( la vie trouve toujours sa place sans l’aide inutile de l’homme ) , mais à sa propre destruction. Cependant, l’humanité est en régression : le temps ou l’on vivera dans des bulles artificielles , mi homme mi robot viendra un jour. D’”autres incohérences apparaitront alors : des virus humains sur des tissus de robots, et des virus informatiques dans des organes robotisés placés sur des humains.
Je terminerai cet article par une citation sur la nature que j’ai écrite l’année dernière :
La vie ? une succession d’actions conditionnées. La naissance ? Une liberté conditionnée en à l’hopital dans certaines parties du monde, dans la nature dans d’autres, mais toujours au milieu des siens. La mort est encadrée et célébrée de la même manière ou que l’on soit concrètement par un cercueil, symboliquement par des rites divers. Partout, nous nous imposons tels des vandales à la Nature qui nous rejette farouchement : malheureusement, une éternité n’a pas encore permis à l’Homme de réaliser que son apparition ni son évolution n’étaient pas des présages bienveillants.
nb : prenez des bains à tout va, ne céder pas à la propagande abnégationniste du léviathan hypocrite de l”état. Imaginez bien que le fils d’al gore ( réalisateur d’une vérité qui dérange ) prend lui aussi des bains tous les jours dans son jacuzzi à bulle, tandis que nicolas hulot en voulant sensibliser le monde pollue des écosystèmes à cause de l’équipement vidéo qu’il transporte, sans parler d’arthus bertrand qui doit c’est sur beaucoup se restreindre, dans son appartement du 16 ème . Oui, l’incohérence est criante, alors souvenez vous bien que ce sont dabord les grands qui doivent diminuer la consommation, avant que la politique naive du ” si tout le monde si met” fonctionne.
Carpe diem
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